Retraites + 110 € : une nouvelle majoration familiale prévue en 2027, avec des gagnants et des perdants
Le projet de budget du gouvernement pour 2027 prévoit plusieurs mesures susceptibles de fragiliser le pouvoir d’achat des retraités. Entre la limitation de la revalorisation de certaines pensions et la modification de l’avantage fiscal de 10 % appliqué aux retraites, les économies annoncées pourraient peser sur les revenus de nombreux seniors.

Pourtant, une réforme pourrait apporter un coup de pouce à certains retraités ayant élevé au moins trois enfants. Une évolution qui ne profitera toutefois pas à tout le monde.
Des retraités sous pression face aux économies budgétaires
Les retraités figurent parmi les catégories concernées par les mesures d’économies envisagées par l’exécutif. Le projet prévoit notamment une désindexation des deux tiers des pensions par rapport à l’inflation, ainsi qu’un plafonnement à 3 000 euros de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite.
Ces dispositions pourraient entraîner une diminution du pouvoir d’achat pour une partie importante des retraités, dans un contexte où les dépenses quotidiennes continuent de peser sur les budgets des ménages.
Toutefois, une autre mesure inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 pourrait modifier la situation de certains assurés : la réforme de la majoration de pension accordée aux parents de familles nombreuses.
Une majoration de retraite actuellement fixée à 10 %
Aujourd’hui, les retraités du régime général ayant eu ou élevé au moins trois enfants bénéficient d’une majoration de leur pension de base de 10 %.
Selon les données présentées dans le projet, environ 5,6 millions de retraités du régime général de l’Assurance retraite profitent actuellement de cet avantage.
Le système repose sur un principe proportionnel : plus la pension est élevée, plus la majoration accordée est importante. Cette règle bénéficie donc davantage aux retraités disposant des pensions les plus confortables.
Or, les hommes perçoivent en moyenne des pensions supérieures de 37 % à celles des femmes. Les carrières féminines, souvent marquées par des interruptions liées à l’éducation des enfants ou aux responsabilités familiales, contribuent notamment à cet écart.
Le gouvernement souhaite donc revoir le dispositif afin de mieux répartir cet avantage entre les retraités, en particulier au bénéfice des femmes et des personnes percevant de petites pensions.
Un montant forfaitaire pouvant atteindre 110 euros par mois
La réforme envisagée consiste à remplacer la majoration proportionnelle de 10 % par un montant forfaitaire.
D’après le rapport d’évaluation accompagnant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, cette nouvelle majoration pourrait se situer entre 105 et 110 euros par mois pour une carrière complète liquidée à taux plein.
Lorsque la durée d’assurance est incomplète, le montant serait calculé au prorata de la carrière accomplie.
Un dispositif complémentaire est également envisagé pour les régimes spéciaux et la fonction publique, avec une majoration forfaitaire comprise entre 85 et 90 euros mensuels pour une carrière complète.
Le montant définitif devra être confirmé par décret si la réforme est adoptée.
Qui seront les gagnants et les perdants de cette réforme ?
Le passage à un montant fixe modifierait sensiblement la répartition de cet avantage familial.
Avec le système actuel, une personne percevant une pension de base de 800 euros bénéficie d’une majoration de 80 euros par mois. Avec un forfait de 110 euros, son gain potentiel atteindrait 30 euros mensuels.
À l’inverse, un retraité dont la pension de base s’élève à 1 500 euros bénéficie actuellement de 150 euros de majoration. Si le forfait est fixé à 110 euros, il perdrait 40 euros par mois.
Voici quelques exemples, sur la base d’une majoration forfaitaire hypothétique de 110 euros :
Pension de base mensuelle | Majoration actuelle de 10 % | Nouveau forfait | Écart mensuel |
800 € | 80 € | 110 € | + 30 € |
1 000 € | 100 € | 110 € | + 10 € |
1 100 € | 110 € | 110 € | 0 € |
1 500 € | 150 € | 110 € | − 40 € |
2 000 € | 200 € | 110 € | − 90 € |
Ces exemples sont indicatifs et supposent une carrière complète ouvrant droit au forfait maximal. Le résultat réel dépendra du montant définitivement retenu et des modalités d’application de la réforme.
En pratique, le seuil d’équilibre se situerait autour de 1 100 euros de pension de base mensuelle si le forfait est fixé à ce montant. Les retraités dont la pension est inférieure pourraient y gagner, tandis que ceux dont la pension est supérieure pourraient y perdre.
Une entrée en vigueur prévue à partir de juillet 2027
Selon le calendrier envisagé, cette réforme concernerait les nouveaux retraités à compter du 1er juillet 2027. Elle ne modifierait donc pas automatiquement la majoration des personnes déjà à la retraite, sous réserve des dispositions définitives qui seront adoptées.
Le gouvernement présente cette évolution comme une redistribution plus équitable de la solidarité familiale, sans augmentation globale du coût budgétaire du dispositif.
L’objectif affiché est de réduire les écarts entre les retraités et de mieux soutenir les personnes dont les pensions sont les plus modestes, notamment les femmes ayant connu des interruptions de carrière.
Conclusion : une réforme à surveiller pour les futurs retraités
La transformation de la majoration familiale pourrait représenter une amélioration financière pour certains futurs retraités ayant eu au moins trois enfants, mais elle entraînerait une diminution de cet avantage pour d’autres.
Le changement serait particulièrement important pour les personnes disposant de petites pensions, tandis que les retraités aux revenus plus élevés pourraient voir leur majoration diminuer.
Attention toutefois : au stade du projet, les montants annoncés et les modalités d’application restent à confirmer. Les futurs retraités devront donc suivre l’évolution du texte et les éventuels décrets avant de mesurer précisément les conséquences de cette réforme sur leur pension.
Pour les personnes qui envisagent un départ à la retraite en 2027, cette évolution mérite d’être intégrée aux simulations de revenus, en tenant compte de l’ensemble des autres mesures budgétaires susceptibles d’affecter leur pouvoir d’achat.





























Commentaires