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Oui, il est possible de relocaliser en France des produits de tous les jours !

A l'heure où les crises remettent en cause l'équilibre mondial, la maîtrise de nos outils de production et la relocalisation industrielle sont devenus des enjeux majeurs. Si, du fait du mix prix-produit, il est possible de produire en France des produits de luxe ou à forte haute valeur ajoutée.


Il sera beaucoup moins évident de relocaliser des produits de grande consommation. Pourtant, à condition de compter sur un vrai soutien de filière, les solutions crédibles existent. Par Stéphane Bohbot (président-fondateur du Groupe Innov8).



Avec la crise Covid, la relocalisation s'impose à tous. La pénurie de masques en 2020 comme les difficultés d'approvisionnement en 2021 ont cruellement mis en lumière les limites d'une production mondialisée et les conséquences de la désindustrialisation de la France (et plus largement de l'Europe) au profit de l'Asie. Une prise de conscience positive des entreprises françaises et des administrations publiques, accompagnée d'une mobilisation pour reprendre notre destin industriel et écologique en main.


Depuis, la relocalisation est un terme à la mode. Le « Made In France » est de mise dans les conversations et les programmes électoraux. Il est évident qu'au-delà des approximations règlementaires habituelles, produire en France présente de nombreux avantages : meilleure maîtrise de nos ressources, créations durables d'emplois dans les territoires, investissements dans l'outil de production, décarbonation de notre économie et surtout plus forte résilience en temps de crise.



Les produits de tous les jours sont-ils condamnés à rester les parents pauvres du Made In France ?


Dans le secteur dans lequel j'entreprends depuis plus de 20 ans - téléphonie et objets connectés - les accessoires (coques, chargeurs, câbles) ont toujours été fabriqués en Asie avec l'objectif de produire toujours plus et moins cher. Une situation qui ne choquait personne jusqu'alors, moi le premier.


C'est lors de la COP21 que je me suis forgé une conviction qui désormais ne me quitte plus : on ne réduira pas durablement l'empreinte carbone de notre secteur sans relocaliser notre production. À l'évidence, les entreprises productrices de produits de grande consommation représentent un effet de levier massif dans le potentiel de décarbonation.


Relocaliser est en outre une opportunité pour réintégrer des savoir-faire oubliés et (re)créer des emplois dans les territoires ; sans compter qu'économiquement le Made in France est l'occasion de répondre aux demandes des consommateurs et de s'ouvrir les voies d'une nouvelle croissance durable pour les années à venir, en acceptant parfois de devoir vendre moins pour vendre mieux.


Seulement les bonnes intentions se heurtent souvent aux réalités économiques : comment parvenir à fabriquer et distribuer en France des produits de tous les jours sans générer des charges et des surcoûts de production et ainsi maintenir des prix attractifs pour les consommateurs ?



Un enjeu de filières


Il faut dire la vérité, choisir de relocaliser sa production en France n'est ni simple ni évident. C'est une épreuve de foi pour tout dirigeant qui cherche à réduire concrètement son empreinte carbone. Relocaliser exige une profonde remise en cause de son business model, ainsi qu'un travail acharné de longue haleine. Cela a été notre cas chez Innov8.


Après plusieurs années d'hésitations et d'aller-retour, nous sommes parvenus à mettre sur le marché en 2020 les premières coques de téléphone transparentes haute résistance labellisées 100% origine France garantie, 100% recyclables. Au même prix que celles produits en Asie (19,99 euros), mais avec une réduction des émissions carbone de l'ordre de 98%.


Pour cela, nous avons dû intégralement repenser nos procédés de production et d'automatisation. Nous avons dû faire des pas de côté pour réduire les coûts, trouver les partenaires prêts à jouer le jeu et recréer un véritable écosystème industriel, réintégrer des savoir-faire qui n'étaient plus maîtrisés en France depuis plus de 20 ans - je pense notamment à l'injection de plastiques souples transparents recyclables - et former des salariés, prendre des risques en investissant des centaines de milliers d'euros.


Mais au-delà de nos efforts, le vrai point de bascule a été le soutien des grandes enseignes de la distribution qui ont décidé de s'engager à nos côtés et de nous sécuriser sur la dimension commerciale.


Les faits sont là, il est possible de relocaliser plus largement la production de biens de grande consommation en France. Mais deux conditions majeures sont nécessaires :


1) accepter la remise en cause de modèles économiquement plus intéressants mais de moins en moins fiables et désastreux sur le plan environnemental ;

2) pouvoir compter sur le soutien sans faille de l'ensemble des filières de distribution


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