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«Ne jamais mentir» pour voyager aux États Unis

Les voyageurs internationaux doivent désormais déclarer leur activité sur les réseaux sociaux pour entrer aux États-Unis.




À partir de ce dimanche 8 février, les voyageurs souhaitant entrer aux États-Unis sans visa devront obligatoirement déclarer leurs activités sur les réseaux sociaux des cinq dernières années. Les Français sont concernés.


Pour la première fois dans l’histoire récente des politiques migratoires américaines, la divulgation des profils et activités sur les réseaux sociaux devient obligatoire pour entrer aux États-Unis sans visa. Jusqu’ici facultatives via l’ESTA, ces informations seront désormais requises, dès ce dimanche 8 février, pour obtenir l’autorisation de voyage préalable. Les ressortissants de 38 pays dont la France sont directement concernés.


«A priori, tous les comptes de tous les réseaux sociaux seront concernés, tout comme les adresses e-mails utilisées au cours des 10 dernières années et les numéros de téléphone sur les 5 dernières années», précise au Figaro Rémi Vénitien, président de l’office de tourisme des États-Unis en France.


Vérifications supplémentaires à l’arrivée


Cette mesure s’inscrit dans un contexte plus large, défini par un décret exécutif signé en janvier 2025, de renforcement drastique des contrôles préalables à l’arrivée des étrangers aux États-Unis afin de prévenir les «risques potentiels à la sécurité nationale».


Dans certains cas, des éléments jugés suspects pourraient entraîner des vérifications supplémentaires à l’arrivée : «l’officier d’immigration (ou une IA) pourrait déceler des éléments suspects dans les informations fournies et demander des éléments complémentaires au visiteur lors de son passage aux douanes afin de valider ou non son entrée sur le territoire américain», précise Rémi Vénitien.


Un parcours administratif plus complexe pour les voyageurs


L’entrée en vigueur de cette nouvelle obligation aura un impact immédiat sur la planification des voyages internationaux. Les autorités estiment que la collecte de ces données supplémentaire allongera d’environ 30 minutes le temps nécessaire pour compléter une demande ESTA, mais certains experts anticipent des conséquences beaucoup plus larges. La nécessité de rassembler des historiques de comptes anciens, de vérifier la conformité des profils publics et de corriger d’éventuelles discordances est susceptible de retarder l’approbation des autorisations de voyage, en particulier pour ceux qui voyagent à la dernière minute.


Une démarche, «clairement pas faite pour encourager les demandes d’ESTA», qui pourrait «intimider les touristes français et européens», souligne Patrice Caradec, président du SETO. «Tout ce qui complique l’obtention d’une licence ou d’un visa freine automatiquement le développement touristique. Nous sommes inquiets quant au comportement des consommateurs français face à ces nouvelles demandes», ajoute-t-il.


Les agences de voyages, compagnies aériennes et intermédiaires comme les services de préparation de ESTA ou de visas recommandent déjà à leurs clients de préparer leurs dossiers numériques longtemps à l’avance, de recenser toutes leurs adresses e-mail et comptes de réseaux sociaux, et d’anticiper des démarches qui peuvent s’avérer longues et complexes pour certains profils de voyageurs. «Dans tous les cas, il est fortement recommandé de ne jamais mentir à l’administration américaine. Cela pourrait entraîner un refus d’entrée sur le territoire ou même une interdiction d’entrée future», insiste Rémi Vénition.


Une pratique répandue ?


Si elle demeure particulièrement poussée dans le cas américain, la pratique n’est pas totalement isolée dans le monde. En Amérique latine, certains pays ont déjà intégré une dimension numérique dans leurs procédures de visa. La Colombie, par exemple, demande explicitement aux candidats de fournir leurs noms d’utilisateur sur des plateformes comme Facebook, Instagram ou X lors de la demande de visa.


Dans d’autres régions du monde, l’intégration formelle des profils numériques reste moins systématique : ni le Canada ni la plupart des pays européens ne demandent actuellement des historiques complets de réseaux sociaux pour pénétrer sur leur territoire ou pour des visas courts, par exemple pour les déplacements professionnels ou touristiques. Cependant, des pratiques de vérification des contenus publics se généralisent dans les procédures de visas de long séjour ou dans les contrôles de sécurité, notamment pour des demandes d’emploi, d’études ou de résidence, où les profils en ligne peuvent être utilisés pour vérifier l’exactitude des informations fournies.


Dans le cas des États-Unis, l’entrée en vigueur de ces procédures supplémentaires pourrait accentuer le désamour des visiteurs étrangers. L’an passé, le nombre de voyageurs internationaux a reculé de 6%, alors que les flux mondiaux progressent. Les Français en particulier boudent le pays de l’Oncle Sam, avec un indéniable «effet Trump», qui s’ajoute à d’autres facteurs, notamment des prix qui s’envolent.


Source : lefigaro.fr

 
 
 

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