La France va avoir des soldats « augmentés »

Les forces armées françaises ont désormais l'autorisation de développer des « soldats augmentés » en s'inspirant des recommandations avisées d'un comité d'éthique militaire. Explications.



« Oui à l'armure d'Iron Man et non à l'augmentation et à la mutation génétique de Spiderman ».


Voici de façon imagée ce que vient d'annoncer la Ministre des armées, Florence Parly, au sujet du développement de soldats dits « augmentés » au cœur de l'armée française.


La ministre s'est prononcée à la suite de l'avis, délivré à titre consultatif, d'un comité d'éthique de la défense. Ce comité est chargé d'apporter des éclairages sur les questions éthiques soulevées par les innovations scientifiques, techniques et leurs éventuelles applications militaires.


Fondé fin 2019, ce comité d'éthique s'est réuni pour la première fois le 10 janvier 2020. Il devait donner son avis sur deux thématiques : le « soldat augmenté » et « l'autonomie dans les systèmes d'armes létaux », autrement dit, ce qu'on appelle les robots tueurs.


Pour ce premier sujet, les membres du comité ont exploré la thématique de l'exploitation de techniques invasives pour améliorer les performances physiques ou cognitives du corps humain. Comment ? En absorbant des molécules, ou bien grâce à l'introduction d'implants sous-cutanés ou dans le cerveau, comme l'a expérimentée la Darpa dès 2016. Avec sa technologie, l'implant permettait ainsi au cerveau de communiquer directement avec des ordinateurs.


À l'époque, l'idée n'était pas tant d'« augmenter » les capacités des soldats, mais de permettre aux blessés lors des combats de retrouver des sensations auditives ou visuelles. Comme autres techniques invasives et définitives, il y a, par exemple, l'augmentation de l'acuité visuelle de façon chirurgicale afin de pouvoir se passer de longue vue.


Soldat augmenté, oui… mais de façon réversible


Dans son discours sur ce rapport, la ministre a tout de même nuancé la portée de ces techniques invasives pour le soldat augmenté en soulignant qu'il fallait pour le moment « mettre fin à tout fantasme » et en précisant que « ces évolutions dites "invasives" ne sont pas à l'agenda des armées françaises. ».


En revanche, la ministre a souligné que « tout le monde n'a pas nos scrupules et c'est un futur auquel il nous faut nous préparer ». La France ne dit donc pas non au soldat augmenté, mais choisit ses modalités. Le principe restera de toujours rechercher des alternatives aux transformations invasives.


Ainsi, « plutôt que d'implanter une puce sous la peau, nous chercherons à l'intégrer à un uniforme », souligne la ministre Parly. Les « augmentations » plus invasives devront nécessairement recueillir le consentement des soldats. Et, dans tous les cas, ces augmentations devront être réversibles et ne pas compromettre la santé ou la sécurité des militaires.


Si l'armée a mandaté ce comité, c'est parce que la France, tout comme l'armée américaine, est préoccupée par des expérimentations menées par d'autres pays sur des humains. Ce serait notamment le cas en Chine où des tests auraient été réalisés sur des soldats chinois afin d'améliorer biologiquement leurs capacités. Des affirmations que la diplomatie chinoise a qualifiées de mensongères.


Mais, au-delà du côté invasif exercé sur le soldat augmenté, l'armée française et les industriels du secteur développent de nombreuses technologies comme des ceintures équipées de vibreurs pour permettre à un ou deux soldats et leur chien de communiquer à distance, ou des radars permettant de détecter une présence à travers un mur.


Finalement, le soldat augmenté sera loin d'être un véritable cyborg.


Source: www.futura-sciences.com

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