Téléphonie : la visite du QG secret du réseau mondial d’Orange

L’opérateur a ouvert les portes du centre de supervision de ses réseaux internationaux à 01Net. Un lieu stratégique où une équipe veille en permanence à la bonne interconnexion avec le reste du monde.


C’est un bel immeuble ancien au coeur de la région parisienne, affichant discrètement son appartenance à Orange.


Rien ne permet de déceler son importance stratégique. Pourtant, une fois passée la façade en pierre sculptée, changement d’ambiance. On pénètre dans un imposant édifice tout en béton de 55 000 m² aux couloirs imbriqués. C'est là que se cache le NTMC (Networks and Traffic Management Center) : le centre d'exploitation des réseaux internationaux d'Orange.


Environ 70 personnes s’y activent, veillant à la bonne interconnexion d’Orange avec 2000 autres opérateurs étrangers. L’équipe fournit également des liaisons sur-mesure à des entreprises mais aussi à des filiales d’Orange qui souhaitent communiquer dans plus de 220 pays à travers le monde.



Les Français utilisent le réseau d’Orange sans le savoir

Difficile pour un visiteur de se repérer dans les bâtiments qui se sont ajoutés au fil des années. Mais le coeur battant du lieu, c’est la salle de supervision du NTMC (Networks and Trafiic Management Center) où se relaie un groupe d’experts traitant environ 1500 incidents par mois.


« Nous disposons de deux autres centres de supervision plus petits en Inde et aux Etats-Unis afin d’assurer une veille 24/24, 7 jours sur 7 », précise Jean-Luc Vuillemin. L’équipe garde les yeux rivés sur un mur d’écrans de contrôle qui affichent l’état du réseau international de l’opérateur.


Vaste tâche, puisque ce dernier comprend 18 000 km de fibre optique, 2 500 liaisons satellite et 450 000 km de câbles sous-marins. Des infrastructures lourdes permettant à Orange d’être le seul acteur français classé Tier 1, c’est-à-dire capable de joindre tous les réseaux par une interconnexion directe (peering) sans passer par un transitaire.


Seuls 18 opérateurs étaient considérés comme Tier 1 en 2018 comme AT&T, Deutsche Telekom AG ou encore Telxius/ Telefónica, d'après le rapport sur l'Etat d'Internet en 2018 de l'Arcep.



Les abonnés Orange passent par ce centre de supervision quand ils surfent sur le web, émettent et reçoivent des appels à l’international ou se déplacent avec leur mobile à l’étranger (roaming). Il est également utilisé par l’ensemble des abonnés mobiles français, lorsqu’ils envoient ou reçoivent des SMS à l’international. De plus, le NTMC gère le hub SMS national d’Orange, qui permet l’échange de SMS entre abonnés de différents opérateurs en France.


Parer les incidents au plus vite

Une panne des réseaux internationaux d’Orange peut ainsi affecter potentiellement de nombreux utilisateurs. Il est donc capital que le NTMC réagisse au plus vite au moindre problème.


Un simple mouvement de foule à la Mecque peut provoquer un afflux soudain de trafic internet et déboucher sur un engorgement réseau. Ce qui explique que la salle de supervision affiche en permanence les images d’une chaîne d’actualité en continu, de manière à anticiper les variations.



Des avaries de matériel surviennent aussi de temps en temps, allant du tremblement de terre au passage d’un bateau de pêche sectionnant un câble. Heureusement, lorsqu’une route tombe, deux autres sont prêtes à prendre la relève automatiquement. Mais il faut toujours ajuster au plus vite le réseau, un peu comme un aiguilleur de train.


« Un jour, on a perdu les communications avec l’Asie à cause d’une erreur d’un opérateur local, on a du dériver tout le trafic par New-York pendant une demi-journée », confie Jean-Luc Vuillemin.


La pression est immense pour que tout cela reste invisible aux yeux des utilisateurs. Orange se targue ainsi de ne pas imputer plus de 12 secondes d’interruption de service par client professionnel et par an.


Des routeurs multi-terabit de plusieurs tonnes

Héritage du ministère des postes et télécommunications, le lieu est historique et n'abrite pas que le NTMC. Il héberge aussi des infrastructures qui en font un noeud majeur des réseaux de communications français depuis le début du XXe siècle. Il a été autrefois le siège d'un central téléphonique dont il reste quelques tableaux recouverts de prises jack exposés derrière une vitrine à côté de mannequins représentant les mythiques demoiselles du téléphone.



Mais les trésors se trouvent au sous-sol. Au début du XXe siècle, les câbles télégraphiques qui nous relient à l'Angleterre sont prolongés jusqu'en île de France et finissent par déboucher dans ce bâtiment.


Même chose avec les câbles coaxiaux téléphoniques dans les années 50, puis les câbles sous-marins en fibre optique à partir des années 80. En pleine guerre froide, les souterrains sont même aménagés pour résister à une attaque nucléaire !



Aujourd’hui, les entrailles du site recèlent des routeurs multi-térabit de plusieurs tonnes au coeur du réseau d'Orange. Leur rôle est de délivrer le trafic internet et de le prendre en charge.


L'opérateur doit sans cesse augmenter leurs capacités de traitement, tant le trafic croît chaque année. Aujourd'hui, ces capacités s'élèvent à 900 térabits/s ce qui est énorme. « Une grande partie du trafic internet français passe par ici », détaille Jean-Luc Vuillemin.


Dans les coulisses, l’opérateur prépare déjà des cartes réseau ayant chacune une capacité de 400 Gbit/s pour décupler encore la capacité de ces routeurs. Ces cartes seront mises en service dès l’année prochaine.


Article par Amélie CHARNAY


Source: www.01net.com


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