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Retraites : pas 1 mais… 8 âges légaux de départ !

Si la réforme est adoptée, 4 personnes sur 10 pourront partir à la retraite avant l’âge butoir des 64 ans. Il n’existe en effet pas un, mais huit âges légaux de départ à la retraite. Lequel sera le vôtre ?



C’est la mesure phare de la réforme des retraites et c’est aussi celle qui cristallise toutes les critiques : le recul de deux ans de l’âge légal qui passerait - à condition que le texte soit adopté en l’état -, de 62 à 64 ans.


Pour autant, tous les dispositifs existants de départs anticipés perdurent. La plupart d’entre eux devraient être aménagés, avec là aussi, un recul de deux ans de l’âge de départ. Mais ils continueraient tous de permettre un départ à un âge légal inférieur à la borne des 64 ans. Avec la réforme, il y aurait, de fait, huit âges légaux de départ à la retraite, qui varieraient dans une fourchette de 50 à 64 ans… Explications.



50 et 55 ans pour l’amiante et le handicap


Le gouvernement prévoit de ne pas toucher à certains dispositifs, notamment pour les travailleurs exposés au moins 17 ans à l’amiante, qui pourront continuer à partir à 50 ans (âge légal). Idem pour les travailleurs handicapés, avec des règles inchangées : le départ à 55 ans et au taux plein (sans condition de nombre de trimestres).


54 ou 59 ans pour certains fonctionnaires et agents des régimes spéciaux


Depuis toujours, la fonction publique traite la pénibilité de ses métiers en autorisant un départ à la retraite à un âge précoce pour certains de ses agents. Les fonctionnaires dont les travaux présentent des “risques particuliers” ou une “fatigue exceptionnelle”, sont classés en catégorie dite super-active (policiers, gardiens de prison, aiguilleurs du ciel, égoutiers, agents des services mortuaires, etc.) ou simplement active (aides-soignantes, pompiers professionnels, etc.).


Pour les premiers, les super-actifs, l’âge légal est à ce jour fixé à 52 ans. Avec la réforme, il devrait reculer de deux ans, pour passer à 54 ans. Pour les agents actifs, l’âge légal passerait de 57 à 59 ans. Attention, tous les autres fonctionnaires, à savoir ceux qui n’ont pas des métiers pénibles, risqués ou fatiguant - schématiquement, ceux qui exercent dans les bureaux -, sont soumis aux mêmes règles que les salariés, à savoir un âge de départ actuellement à 62 ans (64 ans avec la réforme), pour 43 années (172 trimestres) de cotisations, à taux plein.


Les agents des régimes spéciaux bénéficient peu ou prou du même type de disposition. Ici, on ne les qualifie pas d’agents actifs ou super-actifs, mais le résultat est le même : ceux qui pouvaient partir à 52 ans (conducteurs de métro, agents de sécurité, personnels de maintenance sur les voies par exemple à la RATP) ou à 57 ans (personnel de maintenance hors voie, par exemple) devront prolonger de deux ans, respectivement jusqu’à 54 ans et 59 ans.


Pour certains de ces fonctionnaires ou agents des régimes spéciaux au départ précoce, la réforme serait presque indolore. Pourquoi ? Parce que ceux qui peuvent partir aujourd’hui à 52 ans (et demain à 54 ans) partent, pour certains, déjà après 54 ans, et cela pour s’approcher au plus près de leur âge de départ à taux plein, sans décote, à savoir 57 ans. Donc pour eux, nul effort supplémentaire à fournir pour aller jusqu’à 54 ans. D’autant, que leur âge d’annulation de la décote, celui où ils n’ont plus de pénalité s’ils n’ont pas tous leurs trimestres, n’est pas modifié et reste fixé à 57 ans (il est de 67 ans pour les salariés).


Le raisonnement est le même pour ceux dont l’âge légal passe de 57 à 59 ans : certains prolongent déjà leur vie active au-delà de 57 ans, pour accumuler le plus de trimestres possible et partir à la retraite sans pénalité (pour eux, l’âge d’annulation de la décote en cas de trimestres manquants n’est pas modifié et reste également fixé à 62 ans), le recul de deux ans de leur âge légal de départ peut donc être indolore.



58, 60 ou 62 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt


Reste le dispositif des carrières longues, qui s’adresse à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui fait tant parler de lui. Il permet actuellement à 150.000 personnes par an de partir avant l’âge légal. La réforme des retraites va aménager ce dispositif, pas le supprimer. Ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans continueront à pouvoir partir avant 64 ans. Actuellement, les textes distinguent les actifs qui ont commencé à travailler avant 20 ans et avant 16 ans.


Demain, avec la réforme, un nouvel âge intermédiaire sera créé. Dans le projet initial du gouvernement, voici ce que ça donne : ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans (il faut 4 ou 5 trimestres cotisés avant 20 ans) pourront partir deux ans avant l’âge légal, soit à 62 ans (contre 60 ans aujourd’hui). Ceux qui ont commencé à travailler entre 16 et 18 ans (il faut 4 ou 5 trimestres cotisés avant 20 ans) pourront partir quatre ans avant l’âge légal, soit à 60 ans (comme aujourd’hui), et ceux qui ont commencé à travailler avant 16 ans (il faut 4 ou 5 trimestres cotisés avant 20 ans) pourront partir six ans avant l’âge légal, soit à 58 ans (comme aujourd’hui).


Pourront également partir deux ans avant l’âge légal, soit à 62 ans, comme c’est le cas aujourd’hui, les personnes invalides, en inaptitude, les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles ainsi que les salariés qui exercent des métiers difficiles et qui auront suffisamment de points dans leur compte de pénibilité.


La question de ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans


C’est l’un des points soulevés par les opposants à la réforme des retraites : elle créerait une injustice puisque ceux qui commencent à travailler à 20 ans - et par définition ne peuvent pas bénéficier du dispositif “carrières longues” - seraient tenus d’aller jusqu’à l’âge légal de 64 ans, soit pour eux 44 ans de cotisations. Et ce, quand la plupart des autres s’arrêtent à 43 ans - la question ne se pose plus à partir de 21 ans, où la durée de cotisations est bien de 43 ans, pour arriver au nouvel âge légal de 64 ans.


La Première ministre Elisabeth Borne devrait évoquer cette question ce jeudi soir dans l'émission “L’événement” sur France 2, avec peut-être un assouplissement ? Faire cotiser ceux qui ont commencé à 20 ans 43 ans au lieu de 44 coûterait 2 milliards d’euros par an. A suivre.




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