Réforme 100 % santé : des effets mitigés dans l’optique, encourageants en dentaire et audiologie

En dentaire comme en audiologie, les premiers effets sont visibles. Depuis le 1er janvier, la réforme 100 % santé a franchi une nouvelle étape dans son application pour garantir un meilleur accès aux soins. Les premiers résultats sont toutefois plus mitigés pour l’optique.



Ce qui était jusqu’ici espéré devient progressivement une réalité. Les Français payent moins cher, voire ne déboursent pas un seul euro de leur poche pour afficher un plus beau sourire ou mieux voir et entendre.


Ce sont les premiers effets de la réforme 100 % santé, lancée en 2019, et qui a franchi sa seconde étape le 1er janvier 2020, avant d’être totalement appliquée en 2021.


À cette occasion, Santéclair (une société filiale de plusieurs complémentaires santé) vient de publier une étude d’impact, trois mois après l’instauration de nouvelles dispositions visant à développer l’accès des Français à des soins dentaires, optiques et auditifs sans reste à charge.


Si les retombées positives sont constatés pour les soins dentaires et auditifs, les résultats sont nettement plus mitigés dans l’optique. Et ce, alors même qu’une des grandes nouveautés de ce début d’année est la prise en charge totale des lunettes (verres et montures) conjointement par l’Assurance maladie et les organismes complémentaires.


Optique : seuls 6 % des Français optent pour le reste à charge zéro


Pour rappel, le 1er janvier dernier a marqué la mise en place de la gratuité des soins optiques, pour des lunettes dont le prix oscille entre 95 et 265 euros pour un équipement unifocal et entre 180 et 370 euros pour des verres progressifs.


Une mesure qui était très attendue puisque 10 % des Français renoncent à ces soins pour des raisons financières.


Désormais, l’opticien a l’obligation de proposer au patient 17 modèles de montures adultes et 10 pour les enfants en deux coloris, dits “100 % santé”. C’est-à-dire qu’ils ne coûtent rien grâce au remboursement intégral par la Sécurité sociale et les mutuelles.



Pour autant, deux mois après l’application de ces nouvelles règles de remboursement, les premiers effets sont plutôt timides.


Selon les données recueillies par Santéclair sur une base de 46.093 équipements facturés, seuls 6 % des Français ont opté pour le panier de classe A - avec des montants plafonnés à 75 euros pour les verres et 30 euros pour la monture, soit 105 euros en tout - qui inclut le remboursement total aussi bien pour les verres que pour la monture.


6 % également ont opté pour le panier “mixte” : parmi eux, ils sont 62 % à avoir choisi des verres de classe A (soumis à des prix limites de vente) et une monture de classe B (dont les prix sont fixés librement).


La part d’équipement facturés dans le panier à tarifs libres pour les verres et les montures depuis le début de l’année demeure ainsi très élevée : 88 %.


Une tendance qui pourrait s’expliquer en partie par les exigences des Français en termes de qualité du matériel, puisque pour limiter les coûts, les montures du panier de classe A sont fabriquées en Chine.



Hausse des devis en dentaire, baisse des prix en audiologie


La deuxième étape de la réforme 100 % a néanmoins eu un impact nettement positif pour les soins dentaires.


Depuis le 1er janvier, les organismes complémentaires sont désormais obligés de rembourser intégralement le coût non pris en charge par la Sécurité sociale des actes dentaires du panier “100 % santé”.


La mesure a eu un effet direct puisque Santéclair annonce une augmentation de 40 % du nombre de devis reçus en janvier 2020.


Plus précisément, sur les 18.000 devis analysés depuis le début de l’année, la part des propositions de couronnes sans reste à charge pour le patient atteint 44 %.


Dans le même temps, les couronnes à tarifs libres ne représentent plus que 36 % des propositions effectuées par les dentistes.


Du côté des appareils auditifs, les résultats sont aussi encourageants, même si la prise en charge totale par les mutuelles, du coût non remboursé par le régime obligatoire ne sera effective qu’à partir du 1er janvier 2021.


Néanmoins cette année, la base de remboursement de la Sécurité sociale a augmenté et le plafond du prix limite de vente des audioprothèses de classe 1 a diminué.


D’après les données recueillies par Santéclair après l’analyse de 1.565 devis en janvier, là où seulement 11 % des appareils étaient soumis à un prix limite de vente en 2019 (1.300 euros maximum), ils sont désormais 29 % à avoir intégré la classe 1. Et le plafond a chuté de 200 euros, passant donc à 1.100 euros maximum.


De même, le reste à charge moyen du patient passe de 596 euros en 2019 à 352 euros cette année. Encore mieux, 25 % des personnes ayant demandé un devis en classe 1 depuis le début de l’année n’ont pas de reste à charge !


Source: www.capital.fr

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