Kirk Douglas, dernière légende d’Hollywood, est mort

La star hollywoodienne à la fossette est décédée mercredi à l’âge de 103 ans après un siècle d’une vie essentiellement consacrée au cinéma et à l’écriture.



« Pour le monde, il était une légende (…) mais pour moi et mes frères, Joel et Peter, il était simplement papa », a réagi son fils Michael Douglas.


Il était l’incarnation même du rêve américain : fils de migrants pauvres qui parlaient mal l’anglais, il s’était imposé comme une légende du cinéma des États-Unis, dernière grande vedette de l’âge d’or d’Hollywood, Oscar d’honneur en 1996 « pour 50 ans de force créative et morale dans la communauté cinématographique ».


Analphabètes, ses parents, Hershel et Bryna Danielovitch, ont fui la Biélorussie, son antisémitisme et ses pogroms, en 1908 pour s’inventer une vie meilleure dans le Nouveau monde. Le 9 décembre 1916, à Amsterdam, une cité industrielle de l’État de New York, naît Issur, le seul garçon du couple qui a six filles.


« Au crépuscule de ma vie, je me sens coupable d’avoir abandonné Issur Danielovitch », écrira Kirk Douglas, dans son livre Let’s Face it. Pourtant, ses parents eux-mêmes ont changé leur nom pour mieux s’intégrer à la société américaine : Hershel, chiffonnier, est devenu Harry Demsky, et Bryna, Bertha.


Les enfants sont élevés dans une stricte tradition juive. Les temps sont durs. Comme beaucoup de petits Yankees, Issur livre des bouteilles de lait avant d’aller à l’école et vend des journaux dans la rue.


Il ne décrochera jamais d’Oscar malgré trois nominations


Il décroche une bourse pour aller à l’université comme champion de lutte, mais rêve d’être acteur. Formé à l’American Academy of Dramatic Art à New York, il voit ses débuts sur scène interrompus par la guerre qu’il accomplit dans la marine.


Lauren Bacall, camarade de l’école de théâtre, lui ouvre, à peine démobilisé, les portes des castings d’Hollywood. Après quelques films, il devient une vedette avec son rôle dans Le Champion, qui lui vaut une première nomination aux Oscars pour le Meilleur acteur – récompense qu’il n’emportera jamais malgré trois nominations.


Kirk Douglas estimait devoir son succès à « un peu de talent, beaucoup de santé et encore plus de chance ».


C’est oublier un peu vite son acharnement au travail. Pour Le Champion, il monte sur le ring face à de vrais boxeurs, sans doublure ; pour d’autres rôles, il passera plusieurs semaines dans un journal et un commissariat, apprendra à jouer de la trompette, à jongler et même à faire du trapèze volant.



Il enchaîne les films avec les plus grands réalisateurs : Billy Wilder (Le Gouffre aux chimères), Howard Hawks (La Captive aux yeux clairs), King Vidor (L’Homme qui n’a pas d’étoile), Vincente Minelli (La Vie passionnée de Vincent Van Gogh), Stanley Kubrick (Les Sentiers de la gloire, Spartacus), Richard Fleischer (20 000 lieues sous les mers, Les Vikings), Elia Kazan (L’Arrangement).


Un acteur qui a su prendre des risques


Il séduit par son jeu farouche et optimiste.


« Jouer, c’est un métier pour enfants. Vous devez garder votre naïveté, vos qualités, enfantines, et ça vous rend vulnérable. Les acteurs ne sont pas préparés à devenir des stars et, pour certains, la transition n’est pas facile. Je pense que moi j’ai su m’adapter. »


Kirk Douglas prend des risques, passe d’un genre à l’autre (comédie, drame, aventure, western, péplum) sans craindre pour son image.


« Comment as-tu osé jouer une mauviette qui se suicide ? », lui demande John Wayne après le rôle de Van Gogh. Malgré son succès, il n’a pas très bonne réputation dans les studios. « Les producteurs, les metteurs en scène se plaignent parfois de moi en soupirant : «Oh ! encore un acteur qui pense !» »


En 1954, il a fondé sa propre maison de production ; militant démocrate, il investit dans les films les plus engagés qu’il interprète.


En pleine période du maccarthysme, il met au générique de Spartacus Dalton Trumbo, un scénariste inscrit sur la « liste noire. » « C’est la seule chose héroïque que j’ai faite de ma vie ! »


Un retour vers le judaïsme


D’un premier mariage avec la comédienne Diana Dill, sont nés Michael, futur grand comédien d’Hollywood, et Joël ; du second avec Anne Buydens, avec qui il a vécu jusqu’à la fin de sa vie, ses fils Peter et Éric.


Dans les années 1970, il s’essaie à la réalisation, notamment pour La Brigade du Texas, un western qui démythifie l’Ouest héroïque. Mais continue de jouer. Il tourne Furie avec Brian de Palma et Nimitz, retour vers l’enfer de Don Taylor.


Après un accident d’hélicoptère auquel il survit miraculeusement en 1991, il entreprend un retour au judaïsme et réduit ses activités cinématographiques.


« Il m’aura fallu toutes ces années pour saisir la beauté et la vérité de ces textes sacrés que mes professeurs m’avaient fait réciter mécaniquement. »


Malgré une attaque cérébrale en 1994 et une crise cardiaque en 2001, il accepte de tourner dans Une si belle famille aux côtés de son fils Michael devenu à son tour une star et de son petit-fils Cameron en 2003 mais il doit encore affronter la mort de son benjamin d’une overdose.


« Éric avait beaucoup de problèmes, et j’étais peut-être l’un d’entre eux… C’est une perte qui ne s’efface jamais. », écrit-il dans un livre de mémoires, Let’s Face it, le dernier de ses ouvrages, paru en 2006. Auteur de fictions, Kirk Douglas a connu un succès mondial en 1988 avec Le Fils du Chiffonnier, premier volume de ses mémoires publiés en quatre tomes.


Source: www.la-croix.com

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