Jaguar fabrique sa dernière XJ, une autre berline tuée par le SUV

Après 51 ans, Jaguar arrête sa XJ. Hommage à la grande berline qui sut dépoussiérer le luxe anglais et bousculer le conservatisme allemand en offrant une combinaison inouïe entre séduction et provocation.


L’annonce est passée inaperçue. A la fin du mois de mai, Jaguar Land Rover faisait savoir dans l’indifférence générale que la production de sa berline Jaguar XJ prenait fin le 5 juillet 2019.


Ainsi disparaît une appellation restée en usage durant près de cinquante et une années pour désigner une lignée d’automobiles de luxe autrefois admirées de tous et convoitées par beaucoup.


De nos jours, seule une poignée d’irréductibles s’obstinent à apprécier la grande berline Jaguar, à contre-courant de la mode du SUV. Sic transit gloria mundi.


La Jaguar XJ est de ces automobiles dont le nom fameux évoque puissance et grandeur chez un public qui la croit déjà morte et enterrée, tant elle se fait discrète dans nos rues.


Beaucoup sont choqués d’apprendre que ce symbole de la tradition anglaise figurait encore au printemps 2019 au catalogue d’une firme qui s’est forgée une image de novatrice et d’iconoclaste en lançant l’an dernier un SUV 100 % électrique, le I-Pace, première réponse européenne au Tesla Model X.


Un titre de gloire qui, pour l’heure malheureusement, ne se traduit pas en espèces suffisantes pour compenser l’hémorragie financière qui accable Jaguar Land Rover.


En réaction aux 3,8 milliards d’euros perdus à l’issue du quatrième trimestre 2018, le groupe Jaguar Land Rover a annoncé la suppression de quelque 4.500 postes, dans l’espoir d’économiser 2,5 milliards d’euros et de financer ses investissements dans la propulsion électrique.


Avec cinq décennies de carrière ininterrompue, la XJ est l’égale des Mustang et Land Cruiser

L’érosion de la rentabilité et la chute des ventes plongent les dirigeants de Jaguar dans des abîmes de réflexion. La marque anglaise aurait probablement succombé si elle n’avait pas brisé les tabous en se diversifiant dans les véhicules de loisirs à compter de 2015.


Ce faisant néanmoins, Jaguar s’est rapproché du terrain de chasse traditionnel de Land Rover, sans parvenir tout à fait à compenser la fonte des ventes de ses berlines XJ, XF et XE.


Née en 2009, l’ultime génération de la Jaguar XJ (dite type X351) se fait bien rare dans nos rues — et pas seulement en France.


C’est l’époque qui veut cela, en raison de la popularité croissante du SUV. Il n’empêche qu’avec un pic à 21.000 unités en 2010 (tombé à moins de 5.000 en 2018), jamais cette XJ ne fut en mesure sinon d’égaler, du moins d’approcher du record de ventes enregistré en 1998 par sa lointaine devancière, la XJ (type X300) qui trouva 50.000 clients cette année-là (source : Inovev).


Dix ans auparavant, la Jaguar XJ40 connaissait un pic de ventes similaire, à ceci près que la décrue fut de son fait.


Certes, la récession économique à l’orée des années 1990 toucha durement l’ensemble des constructeurs de voitures de luxe — Porsche faillit ne pas s’en relever. Mais Jaguar payait là les conséquences de son incurie : les premiers exemplaires de la XJ40 avaient souffert de déboires électroniques qui ternirent pour longtemps sa réputation.


Victime d’une qualité déplorable, la Jaguar XJ faillit disparaître. Deux fois. La production de la Jaguar XJ40 (1988-1994) ne tomba jamais aussi bas cependant que celle de sa devancière, la XJ6 Série 2 qui avait sombré sous la barre des 12.000 exemplaires livrés en 1980.


Soit à peine plus qu’en 1968, année du lancement de ce premier maillon de la lignée des Jaguar XJ.

Source: www.challenges.fr


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