Le paludisme

Attention, moustiques méchants ! Chaque année, une vingtaine de Français meurent du paludisme après un séjour dans des régions tropicales. Pourtant la prévention existe. Pour partir en toute sécurité, suivez nos recommandations.


Qu'est-ce que le paludisme ?

Le paludisme, (en anglais, malaria), est une maladie qui affecte l'homme, ainsi que certains animaux comme les oiseaux et les singes. La maladie est transmise par des piqûres de moustiques, les anophèles.


Ce sont les femelles qui piquent et se nourrissent de notre sang. Les mâles sont inoffensifs, ils préfèrent le nectar des fleurs !


Lors des repas sanguins (piqûres), ces moustiques peuvent transmettre des parasites dangereux appartenant à la famille des Plasmodium. Cinq espèces de Plasmodium peuvent infecter l'homme (P. falciparum, P. vivax, P. ovale, P. malariae, P. knowlesi) mais seule l'espèce falciparum peut tuer.


Où le paludisme sévit-il ?


Le paludisme demeure, selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la plus importante des maladies parasitaires tropicales dans le monde.

Il sévit dans les régions tropicales et subtropicales et atteint souvent des populations rurales et pauvres des pays en développement.


e risque varie, dans une même région, selon les époques et le lieu où l'on se trouve:


La nuit

Le risque est à son maximum la nuit. L'activité maximale des moustiques se situe entre 22 h et 4 h du matin.


Les zones rurales

Le risque est bien plus important en milieu rural qu'en ville. On ne rencontre pas de paludisme dans les villes d'Asie et d'Amérique du Sud (contrairement à l'Afrique subsaharienne).


La saison des pluies

Le risque s'accroît à la fin de la saison des pluies, lorsque le taux d'humidité élevé favorise la prolifération des moustiques.


L'altitude

Le risque change aussi selon l'altitude: l'anophèle ne peut guère se reproduire au-dessus de 1500 m en Afrique et au-dessus de 2500 m en Asie et en Amérique.


Français, attention !


La France est la nation européenne la plus touchée par le paludisme d'importation. Cependant, le nombre de cas importés en France métropolitaine diminue ces dernières années avec une estimation de 3560 cas en 2011 (Centre de référence du paludisme) dont 135 formes graves incluant 4 décès.


Dans 84 % des cas, il s'agit d'infection à P. falciparum : 93 % sont contractés en Afrique subsaharienne dont 75 % chez des sujets d'origine africaine. Les 6 pays d'Afrique les plus souvent en cause étaient en 2011 : Cameroun (379 cas), Côte d'ivoire (329 cas), Guinée (153 cas), Mali (145 cas), Sénégal (121 cas), Congo (86 cas).


Comment se manifeste la maladie ?


Les symptômes du paludisme peuvent apparaître à partir de 7 jours après une piqûre infectante, mais la maladie peut demeurer latente pendant plusieurs semaines. Les signes ne sont pas spécifiques: fièvre d'apparition brutale (39 à 40 °C), grands frissons, fatigue, courbatures, maux de tête, troubles digestifs (diarrhée, douleurs abdominales, surtout chez l'enfant).


Contrairement aux idées reçues, la fièvre est plus souvent continue qu'intermittente. Il n'est pas possible de faire le diagnostic de paludisme sur ces éléments cliniques, que l'on retrouve dans beaucoup de maladies infectieuses, notamment virales.


Seul un examen sanguin (au minimum frottis sanguin, parfois goutte épaisse), réalisé dans un laboratoire ayant l'expérience du diagnostic de cette parasitose, permettra de confirmer le paludisme. Il permettra également de rechercher des signes indirects de paludisme (baisse des plaquettes notamment) ou d'autres causes de fièvre au retour de voyage.


Voici la règle d'or : toute fièvre au retour d'une zone impaludée est un paludisme, jusqu'à preuve du contraire.


Il faut sans délai consulter un médecin, qui prescrira l'analyse de sang. Si ce n'est pas possible (vous êtes en voyage, loin de toute agglomération), commencez le traitement curatif dit « de réserve » que vous aura éventuellement prescrit votre médecin avant le départ et consultez dans un second temps.


Cette attitude doit rester une exception car les cures répétées d'accès présumés de paludisme chez des expatriés par la quinine, la méfloquine ou l'halofantrine peuvent être à l'origine d'un accident grave au nom effrayant: la fièvre bilieuse hémoglobinurique (destruction massive des globules rouges, responsable d'une anémie et d'une insuffisance rénale).


Quel traitement ?


Le choix du traitement dépend avant tout de la gravité. Au moindre doute, il vaut mieux être hospitalisé. Un traitement par voie intraveineuse peut être indispensable en cas de vomissements qui empêchent de prendre un traitement par la bouche.


Dans un accès simple, sans troubles digestifs, le traitement peut se faire en ambulatoire. Le choix se porte alors sur la chloroquine en cas de paludisme dû à une autre espèce que P. falciparum (P. vivax, P. ovale ou P. malariae).


Quatre médicaments sont théoriquement utilisables pour le traitement du paludisme non compliqué à P. falciparum : l'arthémeter-luméfantrine (Riamet) ou atovaquone-proguanil (Malarone) en première ligne, la quinine ou la méfloquine (Lariam) en deuxième ligne.


L'halofantrine (Halfan) ne sera utilisé que dans des situations particulières et en hospitalisation. En pratique, le choix sera fait par le médecin prescripteur, au cas par cas, en fonction de votre profil de tolérance du produit et des contre-indications : risque d'accident cardiaque avec l'halofantrine, possibilité de troubles neuropsychiatriques avec la méfloquine, vertiges et bourdonnements d'oreille avec la quinine.


Un nouveau médicament est disponible depuis 2011 pour traiter les accès graves, l'artésunate (Malacef), mais il n'est administrable que par voie injectable.


Comment se prémunir contre le paludisme ?


Un seul mot d'ordre : protégez-vous des piqûres !

Et soyez encore plus vigilants en fin de journée et la nuit, périodes de prédilection des moustiques piqueurs. Une bonne protection contre les piqûres de moustiques vous protégera du paludisme mais aussi de maladies tropicales liées à d'autres espèces de moustiques: dengue et encéphalite japonaise par exemple.


Les mesures de protection :

  • Un répulsif cutané, dont vous vous enduirez régulièrement.

  • Des vêtement larges, longs et clairs qui couvrent bien les membres et des chaussures couvrantes ou des chaussettes.

  • Une moustiquaire de lit imprégnée d'insecticide (vérifiez bien qu'il n'y a pas de moustique prisonnier avec vous, sous la moustiquaire !)

  • Des moustiquaires aux portes et aux fenêtres.

  • La climatisation, peu appréciée de ces insectes.

  • Des bombes insecticides ou des appareils électriques diffusant le produit insecticide.

La prise d'un médicament préventif (chimioprophylaxie) est également souvent recommandée. Cette décision, sur prescription médicale, dépend de la saison, et des caractéristiques du parasite présent dans le pays (voir nos fiches pour plus de détails). Le choix du médicament tient compte des zones visitées.


Les destinations sont en effet classées en groupe 1, 2 et 3 selon la fréquence de la résistance à la chloroquine. Le groupe 0 correspond à un risque nul de paludisme, le groupe 3 à un risque très fort.


La durée de votre voyage et vos paramètres personnels sont également considérés par le médecin : l'âge, les antécédents pathologiques, une intolérance aux antipaludiques, une possible interaction médicamenteuse, une grossesse (ou son éventualité) font partie des critères de choix d'un médicament préventif.


Attention !

Aucun traitement préventif n'assure à lui seul une protection totale. Ceci est particulièrement vrai si la prophylaxie est inadaptée, prise irrégulièrement ou arrêtée prématurément. Il vous faudra donc consulter sans délai en cas de fièvre sous prophylaxie.

Conclusion


Le paludisme, qui fait des ravages en Afrique intertropicale, est une cause fréquente de fièvre au retour chez le voyageur français. Traité tôt et correctement, il guérit le plus souvent sans séquelle ni rechute.


La prévention de cette infection parasitaire potentiellement grave repose toujours sur des mesures de protection mécanique et souvent sur une prévention médicamenteuse individualisée, en fonction du voyage et du voyageur.

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