Santé : migraines, «Il y a un grand boom de la recherche»

On compte en France 12 millions de migraineux. Aucun traitement n’existe encore, mais cela pourrait bientôt changer.

Il y a de l’enthousiasme dans la voix du Docteur Anne Donnet. Et pour cause, explique la neurologue au CHU de la Timone à Marseille (Bouches-du-Rhône), ancienne présidente de la Société française d’étude des migraines et céphalées, l’avancement de la recherche sur la migraine est porteuse d’espoir pour les patients.



Tous les maux de tête sont-ils des migraines ?


ANNE DONNET. Non, même si le terme est passé dans le langage courant, tous les maux de tête sont loin d’être des migraines. Celle-ci répond à une définition clinique. Pour être considéré comme migraineux, un patient doit avoir fait dans sa vie au moins cinq crises de douleurs localisées, qui vont souvent de pair avec des céphalées, des nausées, une intolérance au bruit, à la lumière…


En connaît-on les causes ?


Génétiques ! Nous sommes migraineux parce que notre cerveau est génétiquement programmé à l’être. Ensuite, ce sont certains facteurs - environnementaux, climatiques, stress - qui provoquent des crises. Il faut savoir que, si la majorité des migraineux a entre 18 et 50 ans, tout le monde peut être concerné, des enfants aux personnes âgées.


Quand faut-il s’inquiéter ?


Dès les premiers signes, à savoir des maux de tête inhabituels, différents des « traditionnels » après une lourde journée de travail par exemple. Le caractère répétitif des douleurs n’est pas normal. Il ne faut pas hésiter à consulter son médecin. Beaucoup trop de migraineux ne le font pas et cela est dommage quand on sait à quel point cela peut impacter la qualité de vie.


Selon une étude, 86 % disent modifier tous leurs plans à cause d’elle…


Bien sûr, je vois régulièrement des patients qui annulent des vacances, un dîner, un théâtre à cause de leur migraine. C’est un handicap invisible. Elle impacte la vie professionnelle (hausse de l’absentéisme, baisse de l’efficience), familiale, de couple, la vie sociale. Pour moi, c’est évidemment une préoccupation de santé publique.



Y a-t-il une fatalité à être migraineux ?


Oui, et non ! Quand on est migraineux, on le reste. Mais, à partir de 50-55 ans, le cerveau exprime moins la migraine. Elle est là, sans se manifester. On pourrait penser, puisque les hormones l’exacerbent, que cela est lié à la ménopause. Ce n’est pas le cas car cette réalité de l’âge concerne aussi bien les femmes que les hommes.


À part attendre de vieillir, existe-t-il de nouveaux espoirs ?


Aujourd’hui, les médecins sont un peu dans le même enthousiasme qu’il y a près de trente ans quand on a découvert les triptans, les médicaments de la crise de migraine. Il y a un grand boom de la recherche, version, cette fois, traitement de fond. Des médicaments arrivent, d’autres sont en cours. Ce super emballement de la recherche est porteur d’espoir pour les patients.


Propos recueillis par Florence Méréo


Source: www.leparisien.fr



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