Reconversion. Comment les expats se (re)lancent grâce au coaching

Avant de partir, ils étaient psychologues, sages-femmes, décorateurs d’intérieur ou profs… Dans leur pays d’expatriation, ils ont gardé le même métier tout en se lançant dans une activité de conseil nomade : ils sont devenus coachs d’expats.


Les Français installés à l’étranger ne manquent pas d’idées pour se reconvertir. Et nombre d’entre eux choisissent une activité liée au coaching. D’abord parce qu’une telle activité peut être poursuivie aussi bien sur place qu’à distance, qu’elle permet de réinvestir ses connaissances ou de se former assez rapidement. Mais aussi parce qu’il n’y a rien de tel qu’un expat pour conseiller un autre expat.


La cible de clientèle est donc souvent constituée d’autres expatriés, pour la majorité francophones, qui ont besoin d’un interlocuteur parlant leur langue pour des conseils techniques, médicaux ou dédiés aux problématiques de l’expatriation.


Les expatriés qui se lancent dans le coaching peuvent donc aussi bien être en situation de reconversion que de poursuite de la même activité professionnelle. Les sites comme Femme Expat, Expat Value ou les nombreux groupes Facebook dédiés aux entrepreneurs francophones regorgent de parcours professionnels atypiques et de bons plans pour les candidats à une reconversion professionnelle. De quoi donner quelques bonnes idées en matière de développement de business nomade.


Les expats soignent en ligne


Le coaching dans le domaine de la santé est une bonne manière de poursuivre son activité sous l’étiquette de coach pour celles et ceux qui ne peuvent pas obtenir d’autorisation d’exercer dans leur pays d’expatriation. Sage-femme sur Skype, par exemple… L’idée vous semble saugrenue ? Et pourtant, Stéphanie Wampach, sage-femme belge et multi-expatriée, l’a fait ! Elle s’est même spécialisée sur le créneau des femmes enceintes francophones installées à l’étranger et qui ont souvent besoin de conseils particuliers, liés notamment aux aspects psychologiques relatifs à une grossesse à l’étranger.


Merci Internet : nombreux sont également les psychologues, diététiciens et autres orthophonistes à exercer grâce à des systèmes de communication à distance comme Skype. Les médecines douces ne sont pas non plus en reste. Bref, les expatriés regorgent d’idées. D’où le projet d’Aude, expatriée à Washington et psychothérapeute à distance, de lancer un annuaire pour recenser les personnels soignants exerçant via Skype !”

Parmi ces soignants à distance, Delphine Renard (à Manchester) ou Marion Saintgery (au Zimbabwe) exercent comme psychologues et ont fait de l’expatriation une de leurs spécialités, tandis que Domitilla de Laporte ou Catherine Chalus sont orthophonistes en ligne pour les francophones expatriés et que Pauline Raoul (à Rome), ingénieure en agroalimentaire, s’est reconvertie comme diététicienne nutritionniste pour les Français du monde entier. Médecin pneumologue, Kirsten fait désormais de la prévention depuis le Texas avec Apple and Fiddle en faveur d’un mode de vie et d’une alimentation plus sains. Et Isabelle, qui s’est formée à l’aromathérapie, délivre ses conseils en ligne depuis les États-Unis.


Coachs de vie sur place et à distance


Les professionnels de santé ne sont pas les seuls à bénir la technologie, qui leur permet d’exercer un métier à distance. Les expats s’activent dans de nombreux autres domaines, comme le coaching interculturel (en particulier en entreprise), le conseil conjugal et familial, le conseil immobilier et fiscal, le conseil en import-export et même le coaching en décoration d’intérieur : tout est bon pour se relancer et aider ses pairs à s’installer à l’étranger.


Nathalie vit à Bangkok, où elle a créé son cabinet de coaching spécialisé dans l’expatriation, sur place et à distance. Tout comme Florence et Anne, qui ont fondé Magellan Transition, à Montréal, pour coacher les expatriés. En Angleterre, Jérôme, lui, a créé son entreprise de coaching en développement personnel, qui s’adresse tout spécialement à des expats.”

Gérer les problématiques interculturelles constitue aussi un domaine d’intervention privilégié des expatriés. Karolina, franco-islandaise multi-expatriée qui vit au Kenya, prodigue ainsi ses conseils en management interculturel avec son cabinet Ibasho. Même combat pour Yuko, franco-japonaise expatriée en Floride, qui a fondé American Dream en famille.


La gestion de carrière et l’aide à la reconversion constituent également une spécialité prisée : c’est par exemple le cœur de métier d’Harmony Mobility Consulting, créé par cinq femmes basées à Singapour, Manille, Londres, Bruxelles et Paris, qui ont mis leurs expertises en commun. Mais aussi de Time2change consulting, pilotée par Sarah, installée à Amsterdam, pour aider les francophones en recherche de reconversion. Les coachs de carrière ciblent souvent les conjoints expatriés, comme Camille Gautry, qui exerce depuis le Texas auprès de “femmes expatriées impatientes de travailler” via son site Femmes expatriées audacieuses.


Le conseil aux entreprises francophones (marketing, communication, conseil à l’export…) peut aisément se pratiquer de l’étranger. Conseillère en “communication digitale nomade”, Emilie, expatriée à Kiev, a par exemple lancé sa digital agency et travaille à distance pour des entreprises françaises.


Conseils immobiliers et fiscaux


D’autres se sont spécialisés dans le conseil immobilier : une bonne idée étant donné les difficultés pour chercher un logement dans une langue et un endroit inconnus. C’est le bon filon trouvé par exemple par Alexandra pour aider les nouveaux arrivants en Australie. Elle a lancé sa société, Axyn Solutions, pour les assister dans les démarches d’installation personnelles comme professionnelles. Dans la même veine et toujours en Australie, Agathe a créé son agence de relocation après avoir fait carrière dans les ressources humaines. Tout comme Stéphanie et Anne l’ont fait à Madrid avec Expat City Service Madrid. Relocation aussi, mais éducative pour Valérie, ex-expat qui conseille désormais les parents dans le choix d’établissements scolaires en France et à l’étranger.


Le conseil juridique et fiscal est une autre spécialité à succès. Installée à Montréal, Blandine Gardey de Soos, ancienne magistrate, s’est réincarnée en conseillère juridique pour les expatriés. Depuis Bahreïn, Rosiane Houngbo-Monteverde, a fondé son cabinet d’avocats dédié aux expats français, Legal Nomads. Et en Allemagne Elodie Taisne conseille, elle, les Français expatriés outre-Rhin sur les sujets tels que les assurances, la retraite ou les investissements.


Enseigner à distance


Enseigner à distance est encore une autre possibilité de reconversion, quel que soit son domaine de prédilection. Si la demande est particulièrement forte pour les cours de français (pour les étrangers et pour les enfants francophones qui ont besoin de soutien), d’autres bonnes idées de cours à distance fleurissent, comme les cours de couture, de cuisine, de décoration ou de loisirs créatifs.


Le coaching culinaire a ainsi le vent en poupe. C’est ce que propose HighThècleculinary (à Madrid), qui fait du sur-mesure à domicile. Quant à Olivia Guinebault, qui vit en Chine, elle a eu la bonne idée de développer une académie de cuisine en ligne, Cuisine mei Wenti, pour aider les familles expatriées à former leur employée de maison à la cuisine occidentale.


Et pour aménager son logement, des décorateurs d’intérieur proposent leurs services à distance, comme Daphné (à Sydney), ex-ingénieur industriel. Comme Sandra, qui vit en Angola, où elle a créé sa société de conseil en décoration et aménagement d’intérieur. Les ateliers d’Angélique offrent quant à eux des conseils en ligne pour créer des objets décoratifs depuis l’Allemagne. Et Annaïg, qui vit en Asie, s’est formée au feng shui et partage son expertise à distance.


Et vous, quel métier exercez-vous derrière votre ordinateur du bout du monde ?”


Source: www.courrierinternational.com

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