«Mon livre, c'est un "au revoir et merci" à mon public», confie Marie Myriam

Interview de Marie Myriam qui fête ce 7 mai ses 40 ans de carrière et qui, pour l’occasion, publie un livre et un double-album…

Le 8 mai, elle fêtera ses 60 ans et elle célébrera ses 40 ans de carrière la veille. Pour l’occasion, Marie Myriam a publié un double album de quarante titres chez Wagram et elle se raconte aussi dans un livre, La fille du Ribatejo*, qui sort ce mercredi. Le 13 mai, elle jettera à coup sûr un œil sur la finale de l’ Eurovision, qu’elle a remporté il y a quatre décennies. 20 Minutes l’a rencontrée…


Cela fait 40 ans que vous avez remporté l’Eurovision, vous n’en avez pas marre que l’on continue à vous en parler ?

Ça ne me dérange pas du tout. Je suis à l’Eurovision ce que Yannick Noah est à Roland-Garros : la dernière victoire française ! (sourire)


« L’Oiseau et l’enfant » a traversé les générations…

Au début des années 1980, la maison d’édition Bordas m’a envoyé un manuel de collège : dedans, il y avait une explication de texte de L’Oiseau et l’enfant, j’en suis fière. Dans les kermesses, 40 ans après, on chante encore cette chanson. Quand, à un de mes spectacles, des tout-petits chantent ce morceau, ça me touche parce que ça veut dire que, dans leur famille, on leur a chanté.


Et quand les Kids United reprennent ma chanson, ça me touche énormément. Ce passage de flambeau entre les générations et merveilleux. La place qu’a cette chanson dans le cœur des gens, je trouve ça magnifique.


Qu’est-ce qui selon vous explique qu’elle soit devenue un standard ? Le texte, signé Joe Gracy, est sublime. C’est un message d’amour et de paix. Et il y a la musique de Jean-Paul Cara, facile à retenir, ça joue beaucoup. C’est une chanson populaire. J’aime être populaire, dans le sens d'être proche des gens, je ne veux pas être bling bling, j’ai horreur de ça.


Vous avez hâte de passer le relais à un autre gagnant tricolore de l’Eurovision ?

Ça fait quarante ans que j’aimerais passer le relais, que je rencontre les chanteurs. Je ne peux pas donner de conseil car c’est quelque chose de très personnel. Si ce n’est : Il faut y croire. Mais y croire vraiment.

Dans votre livre, vous rappelez que vous êtes d’origine portugaise… …Née au Congo, que j’ai vécu avec Patrick Sébastien… Qu’est-ce qui vous a motivé à l’écrire ?

Ce livre a été extraordinaire. Cela a été une thérapie pour moi de raconter mon papa, de raconter d’où je viens, tout ce que les gens ne savent pas. Cela m’a plus de me dévoiler car c’est vrai que, quand je ne fais pas de promo je m’absente, je reste sauvage. Pas vis-à-vis du public mais du métier. Donc c’était bien de mettre certains points sur les i, de raconter certains trucs. C’est un cadeau pour tous ceux qui me suivent depuis quarante ans. C’est un au revoir et merci.

A la fin de votre livre, vous dites que vous n’avez plus la force de chanter…

Après la disparition de mon mari [Michel Elmosnino est décédé en décembre 2013, d’une crise cardiaque, à l’âge de 67 ans], comment ça s’est passé, ça m’a… Ce n’était pas une longue maladie, on n’a pas eu le temps de se dire au revoir, de se dire « Je t’aime ». J’ai vécu avec lui 35 ans. Il était tout autour de moi : mon époux, le père de mes enfants, mon directeur de production, mon directeur artistique, mon chauffeur… Il était tout, il avait toutes les casquettes. Pour chanter, j’ai besoin d’être sincère vis-à-vis de moi et du public. Je n’irai pas chanter pour un chèque, mais parce que j’aime la scène. Tout ce que je fais dans le métier, ce que j’aime le plus, c’est la scène. Les sensations fortes, ce que l’on vit de plus beau, c’est sur la scène. Il n’y a pas de mot pour dire ce bonheur, cet échange. C’est une histoire d’amour quelque part.

Que voudriez-vous que les lecteurs retiennent de ce livre ?

J’espère avoir raconté des choses qui vont les intéresser. J’ai vécu d’une certaine manière des choses auxquelles d’autres gens sont confrontés. La leucémie que mon papa a eue, malheureusement, je sais que plein de personnes en souffrent aujourd’hui. Alors, si ça peut aider quelqu’un… Ça m’a fait du bien de raconter mon père, de raconter Michel, mon mari. C’était comme me confier à un ami. En plus ce fut le cas, j’ai écrit avec Serge Poézévéra. Et puis, comme je le dis à la fin, je souhaite aux lecteurs de réaliser leurs rêves comme moi j’ai réalisé les miens.

* La Fille du Ribatejo, parution le 3 mai aux Editions de l’Archipel. Le double-album Marie Myriam, 40 ans de carrière est édité chez Wagram.


Source: www.20minutes.fr

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