Adrénaline 70

«Adrénaline 70» est le premier roman de Gilbert Martinez, un Français du Maroc. Il y retrace ses aventures de jeunesse dans le Maroc et le monde des années 70.


Issu d’un milieu aisé de Casablanca, il décide de tout plaquer pour aller découvrir d’autres contrées, parfois au péril de sa vie. Une fois repu d’adrénaline, il rentre au bercail, dans son Maroc natal, qui le comble tant.


Roman biographique, carnet de voyages… quelle était votre intention quand vous avez décidé d’écrire Adrénaline 70 ?

Gilbert Martinez : En fait, ce n’est pas l'autobiographie de Gilbert Martinez que personne ne connaît et qui, peut-être, n'intéresse personne. Il a donc fallu penser à quelque chose qui pouvait interpeller les gens. Et c’est ainsi qu’est né Adrénaline 70, qui correspondait un peu à ma vie. Ensuite, je me suis dit qu’il fallait que chaque lecteur puisse vivre ce que j’ai vécu, d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi le style du livre est un peu particulier, et j’avais envie de faire participer le lecteur à mes aventures, où qu’il soit n’importe où au Maroc ou dans le monde.

Avez-vous l’impression d’avoir atteint votre objectif ?

Oui, si j’en crois les nombreux messages que j’ai reçus sur Facebook et qui proviennent d’un peu partout.

Votre livre se lit facilement. Est-ce délibéré de votre part ?

Oui, j’avais envie que le lecteur puisse le lire n’importe où, très facilement en 5 ou 6 heures. Je l’ai résumé en 200 pages mais j’aurais pu en écrire 3 fois plus. Le challenge, c’était d’écrire un livre qui puisse se vendre (car je ne suis pas un véritable écrivain), d’organiser sa promotion et les signatures.

Tout cela est nouveau pour moi, et c’est très passionnant.

Adrénaline 70 tourne autour de votre personnage. On a l’impression que c’est une fuite en avant, que vous essayez d’échapper à quelque chose.

En quelque sorte. Mais c’est surtout une quête de sensations fortes, d’aventures extrêmes. C’est l’envie d’adrénaline qui m’a animé.

Vous viviez dans une famille assez aisée de Casablanca et vous avez préféré plaquer tout le confort qui caractérisait ce milieu. Pourquoi ?

J’en avais un peu marre de vivre comme un fils à papa bien élevé. Mon compagnon de route, Philippe, ressentait exactement la même chose. Le ras-le-bol des grands mariages et des mondanités nous a poussés à partir voir ce qui se passait dans le reste du monde, en bateau.

Cette soif d’aventures était elle typique des années 70 ? Des années de grands changements, de créativité, etc.

À cette période au Maroc, où que l’on allait on avait le droit de tout faire. Partout où on allait, on avait l’impression d’être le premier à y mettre les pieds. Je parle de ça pour la pêche et la chasse. Une passion qui m’a fait découvrir le Maroc dans tous ses recoins.

Vous avez vécu des choses dangereuses. Avez-vous des regrets ?

Pas du tout !

Pourrait-on vivre les mêmes choses aujourd'hui ?

Non, c’est fini. Les endroits ont changé. Par exemple, Imssouane, près d’Essaouira, était à l’époque un minuscule village de pêcheurs.Maintenant, on y trouve des villas,des habitations modernes et tout est dénaturé. Des endroits viergesde l’humain, cela n’existe plus.

Y aura-t-il une suite à ce livre ?

Tout dépendra du succès d’Adrénaline 70. Là, je n’ai raconté que deux voyages alors que j’en ai fait dix-huit.

Vous avez beaucoup de nostalgie pour le Maroc d’avant. N’avez-vous pas envie d’en faire un livre ?

C’était formidable. Toutes les communautés vivaient en harmonie et en toute tolérance. On célébrait les fêtes religieuses avec nos amis musulmans, juifs, etc. Ce serait effectivement intéressant d’en parler dans un livre.

Êtes-vous de ceux qui pensent et disent que «c’était mieux avant» ?

Tout à fait. Je vis complètement dans mon passé. Je cite un exemple: dans le nord du Maroc où j’ai une petite maison dans un coin vraiment isolé, quand je plonge pour pêcher, je suis effaré par ce que je vois. Il y a des plastiques partout. C’est dire combien les hommes ont saccagé la mer. J’ai vraiment de la peine pour la nature.

Qu’est-ce qui vous fait vibrer, aujourd’hui ?

Si j’ai mes biscuits Henry's, mon pot de Raïbi et le coucher de soleil en face de moi, je suis comblé.

FATIMA ELOUAFI f.elouafi@leseco.ma

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