«Rabat et Casablanca se placent cette année entre Bogota et Tirana»

ECA International (Employment Conditions Abroad, organisation spécialisée dans la mobilité internationale) vient de publier son rapport 2016 sur les villes les plus chères pour les expatriés.


Son Directeur de la production, Steven Kilfedder, qui prépare et publie la recherche sur le coût de la vie, revient sur les conclusions cette étude.

Pourquoi les villes africaines sont-elles les mieux classées dans le classement mondial ?


Steven Kilfedder : Dans le cas de Luanda (première mondialement), les coûts élevés sont dus à la demande relativement élevée de biens et services expatriés, en particulier du secteur pétrolier, combinée à une mauvaise infrastructure et à la corruption rendant les importations coûteuses. Ajouté à cela, l’inflation élevée de ces derniers mois alimentée par la faiblesse du Kwanza (monnaie de l’Angola) ce qui a augmenté les coûts des importations.

Pour Kinshasa, le coût d’importation et de transport des articles achetés par les cessionnaires internationaux est également élevé en raison de la mauvaise infrastructure, de la corruption et du risque continu de conflit dans la région.


Qu’en est-il des villes marocaines ?

Rabat et Casablanca se classent respectivement 195ème et 196ème dans le classement mondial de cette année. En 2015, elles occupaient les 202 et 204 places. Dans le classement de cette année, les villes marocaines sont placées entre Bogota (Colombie), 194ème et Tirana (Albanie), 197ème.

Dans le classement africain, les villes sont classées 25ème et 26ème et ont gagné chacune jusqu’à 5 places sur l’année dernière. Les villes sont cette année, un peu moins chères qu’Antananarivo (Madagascar) à la 24ème place et plus chères que Lagos (Nigeria), 27ème.


Les expatriés accordent-ils de l’importance au classement pour choisir où vivre?


Il existe de nombreux facteurs qui déterminent où les entreprises étrangères choisissent de délocaliser leur personnel et le coût relatif de la vie comme le montre le classement d’ECA qui serait certainement important. Toutefois, ce ne serait pas le facteur le plus important. Pour preuve, nous avons seulement besoin de regarder les pays au sommet des classements tels que le Japon et la Suisse qui sont capables d’attirer des talents étrangers malgré leurs coûts de vie plus élevés.

En outre, il y a beaucoup d’autres facteurs impliqués dans le calcul du coût total de l’envoi d’un expatrié à l’étranger pour travailler. Le faible coût de la vie ne rime toujours pas avec un coût d’envoi des expatriés (Salaire, avantages et taxes) moins cher. Par exemple, afin d’attirer des talents dans certains endroits moins chers et moins développés, les entreprises ont souvent besoin de plus d’incitations que lorsqu’elles déplacent leurs employés ailleurs pour augmenter le coût global.

Comme les coûts relatifs des villes peuvent changer rapidement avec l’inflation ou les mouvements de taux de change ce qui une incidence sur le classement, les entreprises et les expatriés seraient sages d’examiner aussi d’autres facteurs au moment de décider où investir.


Source: www.challenge.ma


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