Impôt à la source : déjà adopté par les Français de l'étranger


A moins que le gouvernement ne revienne dessus d'ici janvier 2018, l'impôt avec retenue à la source sera mis en place en France. Déjà en vigueur dans une majorité de pays développés, de nombreux Français expatriés en font l'expérience et l'ont véritablement adopté. Ils témoignent.

Le prélèvement à la source pour l'impôt sur le revenu doit entrer en vigueur en France le 1er janvier 2018. "Trop compliqué pour les contribuables", "trop cher à mettre en place dans les entreprises" ou encore "inadapté au modèle français" et "source de cataclysme pour les services de l'administration fiscale", ses détracteurs ne mâchent pas leurs mots. Si bien que le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, va bientôt commander un audit et semble se diriger vers une remise en question ou un réaménagement du dispositif. Pourtant, déjà présent dans la majorité des pays développés, de nombreux Français en ont fait ou en font quotidiennement l'expérience. Expatriés ou travailleurs frontaliers, ils ont généralement un avis positif sur l'impôt à la source. Adrien Toffolet a recueilli leurs témoignages.

Renaud, 52 ans, a eu une expérience très positive aux USA

Renaud a été employé aux Etats-Unis entre 2012 et 2015 comme directeur commercial d'une entreprise. Il a vécu le prélèvement à la source du point du vue du salarié et de l'employeur. Dans les deux cas, il n'y voit que des avantages.

"A la fin de l'année, quand vous allez sur les sites Internet qui servent d'interface entre le fisc américain et les contribuables, on indique ce qu'on a déjà payé, on indique ses revenus, on indique toutes ses déductions pour garde d'enfants ou pour personne à charge... Globalement, c'est pareil à ce qu'on peut trouver ici [en France]. (...) Et tout de suite, le logiciel vous dit "vous devez tant" ou "vous pouvez être remboursés de tant". Et [pour] les remboursements, une semaine après, l'argent est sur votre compte.

Sébastien, 26 ans, habite en France mais travaille au Luxembourg

Depuis maintenant 2 ans, Sébastien travaille comme informaticien au Luxembourg alors qu'il réside en France. Pour lui, le système luxembourgeois présente de nombreux avantages.

"Pour les entreprises, éventuellement, je peux comprendre [leurs réticences] parce que, elles, le temps d'essuyer les plâtres, ça risque d'être un petit peu compliqué. D'un autre côté, je ne les comprends pas non plus puisque partout en Europe, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Belgique aussi, ça se fait depuis de très nombreuses années. Personne ne semble remettre en cause le système. Au Luxembourg c'est un débat qui n'existe tout simplement pas".

Clémentine, 35 ans, n'a jamais connu d'autre système

Dès la fin de ses études, Clémentine est partie travailler comme assistante commerciale en Autriche. Elle n'a jamais travaillé en France et ne connait rien d'autre que la retenue à la source. Sauf quand elle en parle avec ses amis français. D'après son expérience, contribuables comme employeurs sont heureux avec ce système.

"A moins qu'il n'y ait des informations qui m'échappent, je ne vois pas la raison pour laquelle on pourrait s'opposer à ce système. (...) Je crois que ce n'est contraignant pour personne. A part pour l'administration fiscale, mais c'est leur travail, ils sont là pour ça, ils ont des gens formés qui font ça".

Les moyens de l'administration fiscale

C'est là la grande inconnue. Pour Alexandre Derigny, secrétaire général CGT Finances, le dispositif de l'impôt à la source est trop compliqué à mettre en place en France. Selon lui, il va pénaliser les contribuables, les employeurs, mais il va surtout mettre l'administration fiscale dans une position intenable, dépourvue des moyens nécessaires pour faire face aux futures demandes des contribuables.

"On nous a envoyé, aux agents des finances publiques, un joli guide expliquant comment allait fonctionner le prélèvement à la source, pour nous préparer un petit peu. C'est tellement simple que ce guide fait 476 pages. Donc ça laisse songeur. Pour moi, c'est cataclysmique".

Source: www.franceculture.fr


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