Étudier à l’étranger: il est «urgent» que la France développe son offre de formation


Pour faire face à la concurrence, un rapport de l’organisme France Stratégie alerte le gouvernement sur «l’urgence» de «clarifier les stratégies» pour que la France devienne un acteur majeur au niveau mondial.

Il est urgent de développer l’offre française d’enseignement supérieur à l’étranger face à la «révolution» du paysage universitaire mondial: c’est la conclusion d’un rapport, intitulé «L’enseignement supérieur français par delà les frontières: l’urgence d’une stratégie», remis lundi au ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault. «Il faut regarder la réalité en face pour ne pas rester derrière», a déclaré le chef de la diplomatie française lors de la remise du rapport au ministère, en présence du secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur, Thierry Mandon.

Jean-Marc Ayrault a salué un rapport qui met en avant les réussites de l’enseignement supérieur français à l’étranger, tout en pointant ses lacunes et faiblesses. Ce rapport «permet d’alerter sur les risques de décrochage», dans un contexte de «concurrence accrue» et de «mutation» de l’enseignement supérieur à l’international. «Un nouveau paysage universitaire international se construit sous nos yeux», affirme en effet le rapport de France Stratégie, organisme rattaché à Matignon, qui parle de «révolution» certes «très récente» mais «extrêmement rapide», et qui «ne donne pas de signe d’affaiblissement».

400 millions à l'horizon 2030

Ce phénomène d’internationalisation de l’enseignement supérieur, qui se manifeste notamment par des campus délocalisés ou des cours à distance, est en partie dû au développement des classes moyennes dans les pays émergents. Il doit être considéré comme une «chance» pour la France, et représente un marché potentiel de 400 millions d’étudiants à l’horizon 2030, un véritable enjeu à la fois économique et en terme de diplomatie d’influence. «Nier cette internationalisation - et qu’on l’apprécie ou pas, l’intensification des +jeux concurrentiels+ qui vont avec - risque d’affaiblir durablement l’influence de l’enseignement supérieur français», affirme le rapport.

Si la France occupe «un rang honorable» dans l’enseignement supérieur à l’étranger, elle accuse cependant un «certain retard», notamment par rapport aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne et à l’Australie, note le rapport. C’est la première fois qu’une étude exhaustive sur l’enseignement supérieur français dans le monde est réalisée.

Selon le rapport, l’offre française d’enseignement supérieur concernait en 2015 plus de 37.000 étudiants dans le monde dans 600 programmes (140 implantations physiques, 138 programmes de formation à distance, 330 diplômes français délocalisés auprès de partenaires étrangers).

Faire de la France "un acteur majeur au niveau mondial"

Plus de 38% des étudiants sont inscrits en Asie, 28% en Afrique, et 18% au Moyen Orient. La Chine arrive en tête du classement en terme d’effectifs (14,5% des étudiants), suivie du Liban (11,5%) et du Maroc (10,5%). Les établissements les plus dynamiques sont les écoles d’ingénieurs (7.000 étudiants à l’étranger, 19.000 étudiants étrangers accueillis en France), et les écoles de commerce (3.000 étudiants à l’étranger, 20.000 étrangers accueillis en France).

Il est maintenant nécessaire de «clarifier les stratégies» pour que la France puisse devenir un acteur majeur au niveau mondial, recommande France Stratégie, qui définit trois axes d’action pour l’État: renforcer le pilotage des stratégies internationales, assurer la qualité de l’offre, et diversifier les moyens de financement pour développer cette offre.

Source: www.etudiant.lefigaro.fr


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